Tournoi

Le Royal Golf Dar Es Salam

Avant-première 16ème Coupe du Trône Le Royal Golf Dar Es Salam a une longueur d’avance

Dans quelques jours débute la Coupe du Trône (9 au 13 juillet), au Bahia Beach & Golf Resort. Comme il a remporté dix des quinze titres mis en jeu, le Royal Golf Dar Es Salam est le favori. Mais pourquoi le club de la capitale domine autant le golf national ? Eléments de réponse. au maroc, Le Royal Golf Dar es salam est au golf ce que le fc barcelone est au football en espagne

L’an passé, quand les équipiers du Royal Golf Dar Es Salam rentrèrent au clubhouse du Michlifen Golf & Country Club à la nuit tombée, fatigués mais victorieux, on aurait cru qu’ils venaient de remporter la Coupe du Trône pour la première fois, tant leur joie était débordante et communicative. Plus tard, à la remise du trophée, ce fut de nouveau de grands moments de liesse avec le héros du jour, Othman Raouzi, porté en triomphe. La défaite de 2017 en finale contre le Tony Jacklin Casablanca, alors difficile à digérer, venait d’être effacée d’un putt gagnant. Le club de la capitale qui avait pourtant tant gagné dans le passé n’était toujours pas rassasié. Après une domination quasiment sans partage sur le golf marocain, le Royal Golf Dar Es Salam avait conservé intact son esprit de conquête.
Depuis la création de ce championnat des clubs en 2004, une compétition décidée lors des premières assises nationales du golf, Dar Es Salam s’est imposé à 10 reprises et s’est incliné 3 fois en finale. Derrière, le club « le plus prolifique » est le Royal Golf Agadir avec… 2 victoires ! Si on osait une comparaison avec le monde du football, le Royal Golf Dar Es Salam serait le PSG en France, le Bayern de Munich en Allemagne, la Juventus de Turin en Italie ou le FC Barcelone en Espagne. Pourtant depuis la première Coupe du Trône, plusieurs générations se sont succédées dans les équipes, avec toujours la même efficacité. Comment expliquer une telle domination ? Comment le RGDES trouve chaque année les joueurs talentueux pour ramener la coupe à la maison?
Dans la vitrine à l’entrée du clubhouse, on en trouve deux exemplaires : celle pour la double victoire en 2004-2005 et une seconde pour les victoires en 2008 et 2009. Celle gagnée l’an passé, longtemps exposée à l’entrée du club, est repartie à la FRMG en vue d’être offerte aux vainqueurs de l’édition 2019.
Dès les premières éditions de la Coupe du Trône, le club de la capitale prend cette compétition très au sérieux. « Nous avons procédé à une sélection rigoureuse entre 25 bons joueurs pour en retenir 10. Durant deux mois, ces derniers ont suivi un entrainement spécifique afin de consolider leur esprit d’équipe », déclarait dans nos colonnes en 2005, Mohamed Bachir Bennani, capitaine d’alors du Royal Golf Dar Es Salam. L’année suivante, l’entraînement débutait six mois avant la compétition. Le RGDES était déjà en avance sur son temps. Et comme c’est le club phare du golf marocain, on retrouve tout au long de son histoire des joueurs qui ont animé et animent encore le golf amateur et professionnel ainsi que les instances dirigeantes du golf national. A l’image de Tarik Benslimane, Soufiane Rochdi, Ahmed Reda Rhazali, Hassan Mansouri, Mounir Doghmi, Jalil Bennis, Hafid Sayeh, Moulay Brahim Alaoui, Ahmed Marjan, Karim El Hali, Lina Belmati… Une liste loin d’être exhaustive.
Pour le nouveau capitaine de l’équipe, Mamoun Zaari, ces nombreuses victoires ne sont pas le fruit du hasard : « C’est le résultat d’un travail de fond entrepris par le club pour la préparation de jeunes talents depuis leur plus jeune âge. Mais cette domination des premières années tend à s’équilibrer par la création d’académies de golf dans tous les grands clubs du royaume». Malgré cette nouvelle concurrence exprimée par les victoires du Royal Golf Agadir en 2013 et 2014, celles du Royal Golf Marrakech en 2011 et du Tony Jacklin Casablanca en 2017, le club ne baisse pas les bras. Pro au club depuis plus de 20 ans, Nabil Guessous a vu les générations se succéder : « Les succès répétés s’expliquent aussi par la détection des enfants du douar d’Ain Halouf tout proche. Aujourd’hui, ces jeunes, enfants pour la plupart de parents travaillant au golf, sont plus de 70 à l’académie de golf. C’est un vivier formidable dont sont sortis des joueurs tels qu’Ahmed Marjan, Karim El Hali, Othman Raouzi, Anas Marjan… »
Des propos confirmés par Dr Ali Kettani, président de la Commission Sportive du club :
« Nous permettons à ces jeunes de bénéficier des cours et des installations durant la semaine et, quand ils arrivent à un certain niveau, nous leur fournissons du matériel et des tenues. Mais il n’y a pas que ça. Aujourd’hui, nous leur proposons des formations pour travailler dans le milieu du golf ou des cours de français et d’anglais. Nous avons même installé dans le douar un practice géré par un de nos pros et ouvert le mercredi et le dimanche pour les jeunes de moins de 14 ans».
Au contraire de certains clubs du Royaume, le Royal Golf Dar Es Salam n’a pas besoin d’aller puiser ses forces vives chez ses concurrents. Aucun joueur des équipes n’est un transfuge. C’est une des fiertés du club. En revanche, nombre de ses « stars » sont courtisées. En vain.
Une Coupe du Trône ne s’improvise pas, elle se prépare, elle se mijote. « Un an à l’avance, précise le capitaine. Dès l’édition précédente terminée, on met en place un calendrier d’entraînement tant technique, que physique, que mental. Cette préparation sert aussi à toutes les autres échéances nationales et internationales». Entraînement spécifique, reconnaissance du parcours (cette année, elle n’a pu se faire que sur les 9 trous alors ouverts du Bahia Beach & Golf Resort) ou parcours présentant des similitudes, jeux en équipes pour trouver les bonnes associations dans les foursomes de la Coupe du Trône. A trois semaines de ce championnat des clubs, l’équipe du RGDES est constituée « à 90 % » et compte plus de la moitié des héros de l’an passé. Les deux meilleurs index du club seront présents : Othman Raouzi et Lina Belmati.
Un autre élément, et non des moindres, vient en appui de ses succès. Ce n’est pas seulement le prestige de ce club créé en 1971, à l’initiative de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II, mais c’est aussi la qualité de ses parcours. C’est encore plus vrai depuis la remise à niveau des parcours Rouge et Bleu et la réfection totale du parcours Vert. Car savoir maîtriser ces greens pentus et rapides, ces roughs denses et ces approches vers des greens souvent surélevés donnent un avantage certain sur d’autres équipes du royaume.
Tarik Benslimane, vainqueur de la première Coupe du Trône en tant que joueur et de la dernière en tant que capitaine, a un regard sur les performances de son équipe : « Dar Es Salam a su s’adapter à l’évolution du niveau du golf national. Je pense aussi que la dernière Coupe du Trône a été la plus qualitative au niveau du champ des joueurs et c’est d’autant plus méritoire de l’avoir gagnée. C’est grâce à la vision et l’implication de Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid qu’il y a eu la mise en place des académies de golf dans tout le royaume, augmentant du coup le niveau de jeu de toutes les équipes ».
Alors qui gagnera la 16ème édition de la Coupe du Trône. L’ancien capitaine verrait bien le RGDES conserver son titre : « Plus le palmarès est significatif plus cela donne de la confiance sur le plan mental par rapport aux adversaires». Et on sait que dans ce genre de compétitions, ce n’est pas la technique qui fait la différence mais la « grinta », comme disent nos voisins espagnols, et surtout, l’esprit d’équipe et la fierté de représenter son club.

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