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GOLF ET RAMADAN FTOUR COMPRIS

Chaque année, le Ramadan change la vie des gol- feurs et leur pratique de ce sport qui se concentre sur quelques heures seulement avant le ftour.

Quatrième pilier de l’Islam, le Ramadan tombe cette année du mardi 15 mai au jeudi 14juin. Certes la date n’est pas of cielle mais elle per- met de se préparer au mieux pour ce mois sacré. Car cette période de jeûne est aussi un mois spécial pour les golfeurs. Durant cette période, c’est toute la pratique de notre sport préféré et la vie de nos clubs qui en sont modi ées. « On prépare la période du Ramadan depuis le début de l’année, explique Ismaïl Mallouky, directeur de Casa Green Town Golf à Bouskoura. Car toute l’organi- sation du club en est bouleversée. Comme les joueurs ne viennen u’en n de journée, nos équipes son donc r s rédui es e ma in a n u’e es soien p us ef caces ’apr s midi faut tout repenser. »
Lors du Ramadan, dif cile de trouver un gol- feur le matin sur un golf. Aucune compétition of cielle n’est même disputée dans le Royaume, comme le montre le vide du calendrier de la FRMG à cette période. Même les clubs ne font plus que des compétitions informelles sur 9 trous seulement. Toutes les compétitions se jouent alors en shot-gun pour que les partici- pants terminent en même temps a n d’être ren- trés au clubhouse ou chez eux pour le ftour et la rupture du jeûne.
Hormis la première semaine, période où les organismes sont le plus affectés par le jeûne, le Ramadan est pour tous le grand mois du sport. Sur les boulevards, avant la tombée du jour, c’est la grande frénésie des joggers qui courent par dizaines. Dans les golfs, les prac- tices se remplissent de « futurs pratiquants » qu’initient les pros en n d’après-midi. Cer- tains joueurs con rmés en pro tent pour aug- menter la fréquence de leur pratique. A l’image de Hajj Lahcen Lamkadmi, président de l’as- sociation des golfeurs de la Chaouia, à Settat : « Alors qu’habituellement, je ne joue au golf qu’un jour sur deux, là, je joue 9 trous chaque jour. Je trouve même que l’on joue mieux pen- dant le Ramadan. On se sent plus léger, on est plus concentré. » Juste après la prière de l’après- midi d’Al Asr, c’est parfois l’encombrement sur les fairways. fau souven réserver es départs tellement il y a du monde », admet Rajaa Hasnaoui, vice-présidente du RGAM. Accepter aussi de jouer sans caddys car ceux-ci veulent rentrer chez eux pour le ftour, ce qui est incompatible avec l’accompagnement d’un joueur en n de journée.
Quand ils voyagent à l’étranger pour disputer des tournois (le calendrier international ne tient pas compte de la période du Ramadan), les meilleurs joueurs du Royaume font l’objet de dérogation. « Quand je joue un tournoi à l’étranger, je peux manger et boire car le Coran autorise dans certains cas de ne pas jeûner. Mais ma conscience et ma foi m’obligent à rat- traper les jours où je n’ai pas jeûné. Là, il me reste 19 jours à rattraper, 19 jours où je dois faire comme si c’était le Ramadan », indique le néo pro Ayoub Lguirati. Le copain d’Ayoub Id Omar précise aussi de faire très attention au ftour, aux plats souvent trop riches en gras ou en sucre et boire beaucoup d’eau le soir quand cela est permis. Aujourd’hui coach du Pôle Excellence à la FRMG, le champion Younès El Hassani se souvient d’une expérience éprou- vante pendant le Ramadan : « J’ai même joué un jour 36 trous dans la journée dans un tour- noi de l’Alps Tour à Pont Royal, en France ! » Une période où l’ex n°1 national levait le pied sur l’entraînement : «La soif me donnait mal àlatête.»

Les restaurants des clubhouses doivent aussi s’adapter. Pas de petit-déjeuner, pas de déjeu- ner, pas de boissons à vendre durant la jour- née. Jusqu’au ftour, les restaurants sont fer- més. Conséquence, même s’ils arrivent à se rattraper avec le repas de rupture du jeûne (comptez entre 300 à 350 dhs, tout compris), les établissements accusent une légère chute du chiffre d’affaires. « Environ 80 à 85 % d’un mois normal », souligne le responsable du res- taurant du Tony Jacklin Casablanca.

Sur le parcours, le rythme de jeu suit le rythme des corps. Beaucoup choisissent la voiturette de golf pour économiser des forces (« on double le nombre de locations », disent en chœur les directeurs de golf). Car plus on avance dans le temps du Ramadan, plus les joueurs sont lents, plus ils sont irritables et de rares incidents, heu- reusement, sont à déplorer. « Mais dès l’appel du muezzin pour la prière du maghreb, tout rentre dans l’ordre. Le ftour apaise toutes les tensions », conclut un responsable de golf. Là, autour de la table dressée, au milieu des assiettes couvertes de dattes, de noix, d’amandes, de chebakias ou de makrouts et des bols bouillants de harira, les golfeurs se rassemblent pour par- ler de... golf, évidemment.

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