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PORTRAIT : Jon Rahm

Le Basque bondissant

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À 24 ans, Jon Rahm fait partie des 10 meilleurs joueurs du monde. Champion au tempérament volcanique, l’Espagnol doit apprendre à se maîtriser pour franchir la dernière marche.

De l’avis de tous les spécialistes, Jon Rahm Rodriguez (plus connu sous le nom de Jon Rahm) a tout pour devenir le meilleur joueur du monde. Enfin, il a presque tout. Car pour atteindre les sommets et s’y maintenir, il lui manque une chose très importante : l’acceptation du mauvais coup. Depuis que ce joueur basque est passé professionnel, il accumule les impatiences et les coups de sang sur le parcours. Jon est coutumier des gestes d’humeur, des jets de clubs, des coups de pied dans son sac de golf… « Je ne suis pas perfectionniste mais j’attends tant de moi-même », tente-t-il de se justifier. Ces pertes de lucidité lui ont parfois coûté très cher. À l’image de son obstination lors du dernier Players Championship où, refusant d’écouter les conseils de son caddie, il décida, malgré un mauvais lie, de jouer le green d’un par 5 en deux coups. Résultat, sa balle termina dans l’eau, et de leader incontestable, l’Espagnol glissa finalement à la 12ème place. Ce tempérament bouillonnant, cher à nos amis espagnols, lui cause beaucoup d’ennuis. Il en est conscient et travaille le sujet. « Parfois, je me sens désolé de ce que j’ai fait. J’apprends à changer tout ça, mais c’est un long boulot », reconnaît l’intéressé.
Natif de Barrika, un petit village au nord de l’Espagne, à une vingtaine de kilomètres de Bilbao, Jon Rahm n’était pas destiné à devenir golfeur. Car à Bilbao, c’est l’Athletic, le club de foot de la ville, qui attire toutes les attentions. Mais la Ryder Cup 1997, à Valderrama, a fait entrer le golf dans la maison des Rahm. Vite repéré pour son aptitude au swing, Jon intègre le Centro Nacional de Golf de Madrid à l’âge de 13 ans. « Un nouveau Seve », disent en chœur les coaches qui l’ont vu taper des balles. Jon part ensuite aux États-Unis pour intégrer l’université d’Arizona State, et c’est outre-Atlantique qu’il va parfaire son palmarès amateur et devenir un des meilleurs joueurs du monde. Avec son équipe des Sun Devils, Jon Rahm entre dans la légende en remportant 11 tournois, devenant le deuxième joueur le plus doué de sa fac après un certain… Phil Mickelson. Quand il passe pro à l’été 2016, il est le jeune espoir à être resté le plus longtemps à la place de n° 1 mondial amateur, 60 semaines en tout dont 35 semaines d’affilée. Et à son premier tournoi du PGA Tour, il est déjà sous les feux des projecteurs. Lors de ce
Quicken Loans National, il est en tête des deux premiers tours et termine 3ème. Quelques semaines plus tard, il se classe 2ème de l’Open du Canada. Ce surdoué du golf n’attend pas longtemps pour gagner. Dès janvier 2017, il remporte le Farmers Insurance Open, à Torrey Pines, la première de ses huit victoires, grâce à un putt de 20 mètres au 18 pour eagle ! Celui qui est surnommé Rahmbo, en raison de sa puissance, grimpe alors à une vitesse supersonique dans le classement mondial pour atteindre la 2ème place en 2018, soit moins de deux ans après son passage chez les pros ! Seul Tiger Woods s’est montré plus rapide pour parvenir au sommet du golf mondial.
Les deux hommes se retrouvent en simples lors de la dernière Ryder Cup à Paris. Ce jour-là, ce colosse de 100 kg pour 1,88 mètre, fiancé à une ancienne lanceuse de javelot rencontré à la fac, domine les débats et bat Tiger 2 & 1. « Cela reste le meilleur moment de ma carrière », admet l’Espagnol, transcendé sur son dernier putt par un spectateur criant à pleins poumons : « Fais-le pour Seve (Ballesteros) ». À 24 ans, Jon Rahm a déjà un long background. Les tournois majeurs sont son prochain objectif, afin de se rapprocher un peu plus de son mentor, Sergio Garcia. Il a déjà réussi trois
tops 5 (4ème au Masters et à l’USPGA 2018, 3ème à l’US Open 2019). Il ne lui manque plus qu’à mieux maîtriser ses fins de parcours le dimanche. « Mais si vous ne croyez pas en vous, qui va le faire à votre place ? », lâche-t-il pour conclure dans un anglais teinté d’accent basque.
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