News International

Le golf de demain : Les practices deviennent « fun »

Image

Les practices ont toujours été les parents pauvres des golfs. Mais l’explosion du concept de Topgolf dans le monde, des practices urbains mixant le sport et le fun, est en train de modifier nos habitudes.

Image
Les practices tels que nous les connaissons aujourd’hui seront bientôt de l’histoire ancienne. Finies ces longues bandes de tapis synthétiques verts et leurs seaux de balles en plastique. Finies ces vagues cibles soulignées d’un maigre drapeau ou d’un poteau de rugby. Finies ces balles de practice jaunâtres aux trajectoires flottantes et aux contacts désagréables avec la tête de club. Demain, les practices ne seront plus forcément dans les golfs, ils seront surtout urbains, ludiques et interactifs. Histoire de répondre à la nouvelle demande d’un sport facile, rapide et ludique. Tout le contraire du golf qui demande trop d’espace, trop de temps, trop d’argent. Le golf n’est pas non plus un sport facile. Pour beaucoup, ce sport n’est pas si fun que ça. En raison de ces contraintes, le golf connaît un déclin du nombre de ses pratiquants dans les pays occidentaux.
Le practice « nouvelle génération » est peut-être le premier espace de conquête de nouveaux golfeurs. Car d’après les statistiques fournies par la société Topgolf sur les practices urbains implantés dans quatre pays dans le monde,

Aux Etats-Unis, le concept de Topgolf fait fureur

51% des clients n’ont jamais joué au golf et
85% ont moins que 45 ans. Mieux, ceux qui n’ont jamais joué se disent prêts à continuer pour 25% d’entre eux. Pile dans la cible.
Pourtant, le concept de practice n’est pas de l’histoire ancienne. Si les premières traces de parcours remontent aux environs du 16ème siècle, l’invention des zones d’entraînement est beaucoup plus récente. Aux États-Unis, ce n’est qu’en 1920 que le premier « driving range » ouvre au resort de Pinehurst en Caroline du Nord. Peu utilisé dans les premiers temps, l’usage du practice va se populariser quand les champions commencent à en développer la pratique. Pour certains, le practice est même plus important que le parcours. « Le jour n’est pas assez long pour que je puisse m’entraîner autant que je le voudrais », se plaisait à dire Ben Hogan, le champion des années cinquante qui travaillait son golf douze heures par jour. Jusqu’à avoir les doigts et les paumes des mains en sang. Gary Player était un de ces autres infatigables travailleurs de l’ombre. « Je ne termine pas une séance de bunkers sans avoir rentré cinq balles d’affilée », affirmait le Chevalier Noir, au temps de sa splendeur. Le practice est au fil du temps devenu
incontournable pour les joueurs de l’élite. Mais la technologie a bouleversé ses usages. Chez les pros, l’utilisation des radars tels que le Trackman a renvoyé les practices traditionnels au rang de constructions désuètes. Plus besoin de voir la direction ou la retombée des balles, tout est inscrit dans ce concentré de technologies. Il suffit de savoir en interpréter les données. Les simulateurs en indoor se sont aussi positionnés en alternatives mais le coût de la pratique et la difficulté de modéliser le putting et les sorties de bunker en ont limité la portée.
Les practices plus récents ont donc misé sur l’esthétisme et le ludique pour séduire les golfeurs. Avec sur le practice, des « greens » cibles et des couloirs de fairways soulignés par des hauteurs de tonte différentes, des tapis plus proches du contact réel avec la balle et de vraies balles de jeu. Comme celui qui va bientôt ouvrir au Royal Golf Dar Es Salam. Mais dans le monde, c’est le practice urbain qui a le vent en poupe. Chers aux Japonais qui en ont construit de gigantesques dans les grandes villes de l’archipel, ces « driving range » sont devenus les lieux tendances des jeunes générations. Inventé en Europe en 2000, le concept de Topgolf fait fureur. Pas seulement aux États-Unis, mais aussi en Australie et même aux Emirats Arabes Unis. Pourtant quand les frères jumeaux, Steve et Dave Jolliffe cherchent des partenaires financiers pour monter leur premier Topgolf, tout le monde leur tourne le dos. Près de 20 ans plus tard, Topgolf, société aujourd’hui américaine détenue en partie par Callaway, est un succès commercial car ce concept répond aujourd’hui parfaitement à la demande. On vient à Topgolf à la sortie des bureaux ou entre midi et deux s’amuser avec ses amis et ses collègues, en jouant au golf d’une manière interactive, tout en se restaurant, tout en écoutant de la musique, tout en dansant. C’est un mélange de golf, de bar, de restaurant et de dance-floor. Les jeunes en raffolent. Aujourd’hui, il y a 55 Topgolfs aux États-Unis, 3 au Royaume-Uni, 1 en Australie. Dans quelque temps, devraient ouvrir des succursales au Mexique, Canada et Dubaï. Topgolf ne mise d’ailleurs pas que sur leurs « driving range urbains », il équipe aussi les practices traditionnels de la technologie Top Race Tracer, un système de caméras et de capteurs reliés à un moniteur enregistrant tous les paramètres d’un swing avec une restitution immédiate des données et le partage de celles-ci sur des sites communautaires. Ainsi, le Golf National, hôte de la dernière Ryder Cup, s’en est équipé. « Cela va révolutionner la manière de concevoir et de s’entraîner. J’ai été littéralement bluffé par cette technologie. Une vraie œuvre d’art », indique Paul Armitage, directeur du Golf National.
Le golf interactif, déjà initié par les jeux comme le Wii Golf, a donc un bel avenir devant lui. Car selon les chiffres de la firme, un practice urbain Topgolf coûte 18 millions de dollars à construire et génère 24,4 millions de dollars de chiffre d’affaires chaque année. Cette nouvelle manière de s’entraîner en s’amusant, au son de l’électro et parmi l’agitation d’une soirée endiablée séduit les millions de jeunes dans le monde. Peut-être l’annonce d’un second souffle pour le golf dans le monde. En attendant, aucun projet de Topgolf ou de practice similaire n’est dans les cartons au Maroc. Ce n’est peut-être qu’une question de temps. G

Augusta National a fait les choses en (très) grand

Image
En avril 2009, le parking média à l’intérieur de l’enceinte d’Augusta National était recouvert de gravillons. L’année d’après, l’immense espace était devenu un practice immaculé de 7 hectares. Les graviers avaient laissé place au gazon. C’est tout le miracle d’Augusta. La première fois que Zach Johnson, vainqueur du Masters en 2007, découvre le practice, il s’exclame : « Mais c’est quel trou ? Je ne le connais pas celui-là ! ». Il faut dire qu’il est impossible de faire la différence avec le parcours, l’entretien est aussi parfait. Sur le vaste practice, deux véritables fairways de 360 mètres de long ont été créés, l’un pour les joueurs de draw, l’autre pour les joueurs de fade. Les greens et les bunkers sont de même nature et du même esthétisme que sur le parcours. Quand on est au practice, on se croirait dans l’Amen Corner ! « Je ne connais pas d’autres clubs capables de consacrer autant d’espace à un practice », renchérit Ben Crenshaw, double vainqueur du Masters en 1984 et 1995. Et sur la droite, une maison typiquement géorgienne, abritant les balles, l’atelier de réparation de clubs et un salon pour le repos des caddys, a été construit, donnant l’impression qu’elle a toujours été là. « C’est avec celui du TPC Sawgrass, le meilleur practice que j’ai jamais vu », clame Bernhard Langer qui en a vu des milliers dans sa carrière. Phil Mickelson est du même avis : « Je ne connais aucun endroit au monde où vous pouvez vous préparer de cette manière ». Même si Augusta refuse de communiquer sur le coût d’une telle merveille, la construction en un temps record de ce practice et l’achat de terrains limitrophes pour pouvoir déplacer le parking média a coûté, au bas mot, quelques millions de dollars. Un « driving-range » presque aussi cher qu’un parcours

Social & newsletter

Magazine édité par Manisport

Search